Nos travaux de recherche

Le département mène des travaux d’analyse et de recherches approfondies sur des thématiques prioritaires en matière de sécurité et de justice pour le compte de structures publiques ou en réponse à des appels d’offres nationaux et internationaux. Conduits par une équipe de chercheurs pluridisciplinaire, ces travaux ont vocation à enrichir la réflexion et à soutenir la formation des décideurs publics. Les travaux de recherche portent actuellement sur trois thématiques: les institutions régaliennes et la population, le terrorisme et la radicalisation, les trafics et flux illicites.

Travaux de recherche en cours :

Institutions régaliennes et population

Projet IPOGEES - Interventions des POliciers et des GEndarmes en matière de sécurisation des Etablissements Scolaires
Cette recherche, financée par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre du programme thématique Concepts, Systèmes et Outils pour la Sécurité Globale (CSOSG) 2012, a pour objet l’évaluation qualitative des programmes de sécurisation des établissements scolaires impliquant les policiers et les gendarmes. Développée en partenariat avec l’Université Paris Est Créteil (UPEC), elle propose une analyse approfondie de trois programmes emblématiques construits par les autorités françaises et repérés par l’équipe de recherche : la formation anti-drogue, l’expertise en matière de sureté des établissements et l’expérience des équipes mobiles de sécurité.  
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Terrorisme et radicalisation

Projet VIORAMIL - Violences et radicalités militantes en France
Le projet ANR « Violences et radicalités militantes en France »  (Vioramil) est mené en partenariat avec le Centre de Recherche Universitaire Lorrain d’Histoire, (CRULH – Universitaire de Lorraine), le Centre de Recherche Sociologique sur le Droit et les Institutions Pénales (CESDIP – Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines), le Centre Européen de Sociologie et de Science Politique (CESSP – Université Paris 1), et le Centre de Recherche sur les Médiations (CREM – Universitaire de Lorraine). Il s’attache aux manifestations diverses de la violence militante (idéologique, indépendantiste, religieuse…) sous plusieurs formes et à différents niveaux (des débordements lors de manifestations à la planification d’attaques terroristes) et mobilise des universitaires en sciences sociales en liaison avec les pouvoirs publics. À travers une analyse pluridisciplinaire innovante, ce programme de recherche entend éclairer par une démarche mixte, quantitative et qualitative, les violences issues de radicalisations militantes commises en France des années 1980 à nos jours. Considérant les attentats islamistes ayant frappé la France en janvier 2015 et les mesures gouvernementales qui ont été prises en réaction, ce projet portera une attention plus soutenue à cette forme extrême de radicalité militante violente qu’est le djihadisme en analysant d’une part les modalités de l’endoctrinement radical, de la mobilisation clandestine et du basculement dans la violence, d’autre part les politiques de déradicalisation, et ce à la lumière d’expériences menées dans d’autres pays, à d’autres époques, et sur d’autres formes de radicalités militantes.

Projet Engagements violents -  Saisir les mécanismes de la radicalisation violente : pour une analyse processuelle et biographique des engagements violents
Cette recherche est menée en partenariat avec le Centre de Recherche Sociologique sur le Droit et les Institutions Pénales (CESDIP – Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines) et le ministère de la Justice.  Les études sur le terrorisme s’intéressaient classiquement aux causes et manifestations de ce phénomène. Elles ne témoignent que d’un faible intérêt pour la radicalisation qui s’affirme dans un contexte de mutations des formes de violences extrêmes interrogeant davantage le processus qui mène à la violence et la subjectivité des acteurs impliqués. Dans ce sillage, le présent projet s’intéresse aux processus biographiques de radicalisation violente à partir d’entretiens approfondis avec des détenus condamnés pour des violences types nationalistes/régionalistes (basques, corses) et djihadistes. Il s’agit de repérer les cadres de socialisation les plus pertinents, les influences cognitives, l’effet des cadres d’injustice ressentis par les acteurs militants, la force d’encadrement des organisations, les ruptures biographiques productrices de remise en question, la présence – ou pas – de personnes ressources à l’origine de la radicalisation, le rapport intime de chacun à la violence, l’acculturation à la violence via des pratiques sportives ou ludiques particulières, etc. L’ambition théorique est de constater l’existence – ou non – d’un modèle type de processus de radicalisation qui reposerait sur certaines variables présentes lors des différents parcours de vie.

Projet Prévenir l’islam radical  - L’élaboration d’un nouveau paradigme sécuritaire
L’État français a traditionnellement privilégié une approche répressive dans sa lutte contre le terrorisme. Or, dans un contexte marqué par l’affaire Mérah, la crise des filières syriennes et les attentats de janvier 2015, la « radicalisation » a peu à peu été érigée en problème public, tandis qu’un faisceau d’actions était nouvellement expérimenté sur les terrains de la prévention et de la déradicalisation. Ce projet de recherche propose de prendre la mesure de cet infléchissement stratégique en examinant l’élaboration, le fonctionnement et les incidences des initiatives françaises en matière de prévention et de déradicalisation.

Projet E-Formation sur l’islam
Ce projet piloté par la société Ingenium E-Learning (Université de Caen), à laquelle est associé le département « Études et recherches » de l’INHESJ, est commandé par le Bureau Central des Cultes (DLPAJ – ministère de l’Intérieur). Il s’agit d’élaborer des modules de formation en E-Learning susceptibles d’apporter un soutien aux décideurs publics confrontés à diverses interrogations liées à la gestion du culte à l’échelle locale. L’objectif est plus précisément de former le corps préfectoral, et en particulier les correspondants laïcité des préfectures, en leur fournissant un ensemble de repères sur l’islam. Lesdits modules abordent l’histoire de l’islam, ses concepts clés, la pratique du culte, et ils détaillent les principales caractéristiques sociologiques de l’islam en France.


Trafics et flux illicites

Projet Argent de la Drogue
Inscrite dans le plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les conduites addictives 2013-2017, cette recherche porte sur l’évaluation de l’argent de la drogue en France. Elle comporte plusieurs volets dont principalement l’estimation des chiffres d’affaires et des bénéfices générés par la vente de drogues illicites. Pour ce faire, les chercheurs de l’INHESJ en partenariat avec l’économiste Christian Ben Lakhdar de l’Université Lille II s’attachent à l’analyse des filières illicites du cannabis, de la cocaïne et de l’héroïne en France depuis les principaux pays producteurs ou de transit. Les éléments issus de ce travail permettront d’améliorer notre connaissance de la structuration de l’offre des marchés des drogues, d’évaluer le potentiel de blanchiment et in fine d’offrir une présentation patrimoniale de l’activité souterraine des trafics de stupéfiants.

Projet CANNALEX – Analyse comparée de modèles de politiques publiques de lutte contre le cannabis
En partenariat avec l’Observatoire français des drogues et de la toxicomanie (OFDT), cette recherche financée par le Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégiques (CSFRS) propose, à la lumière des modifications législatives récentes intervenues dans certains Etats (Etats-Unis, Uruguay), une analyse comparée des modèles nationaux de règlementation du cannabis, de leurs effets concrets sur les marchés nationaux et internationaux. Ce travail de recherche s’efforce d’apprécier les effets de ces systèmes sur la consommation, la criminalité ainsi que sur l’action publique.

Projet Fausse Monnaie –Recherche sur la contrefaçon de billets de banque en Euros sur le territoire français : acteurs et organisations.
Fruit du partenariat entre la Direction centrale de la police judiciaire, notamment l’Office central pour la répression du faux-monnayage (OCRFM) et l’INHESJ, cette recherche financée par l’Union Européenne (OLAF) cherche à identifier le phénomène de la fausse monnaie en France et ses évolutions. Elle s’intéresse en particulier aux acteurs de la fausse monnaie et à leurs modes opératoires, ainsi qu’aux modalités de réponse publique dans le domaine. Elle vise également, en partenariat avec les autorités belges à inscrire ce phénomène méconnu et particulièrement dommageable à l’économie des pays dans un contexte européen

Projet FAKECARE - La vente de médicaments contrefaits via Internet (2015)
Le projet Fakecare rend compte de la situation en France du marché de contrefaçons de médicaments sur Internet. Porté par plusieurs partenaires européens, en premier lieu, l’Université de Trento en Italie, ce projet s’inscrit dans une priorité de la Commission européenne intitulée « Combattre le crime pharmaceutique » où il s’agit de contrecarrer le commerce de médicaments contrefaits à travers la toile, considérant qu’il est une menace pour la santé publique.


Quelques travaux de recherche conduits par le département :

Etude FINOCA -  Financing of Organised Crime Activities (2012-2015)
Financée par l’Union Européenne, cette étude a été conduite en partenariat avec le Center for the Study of Democracy (Bulgarie), Transcrime (Italie), l’Université de Trento (Italie), l’Université de Teeside (UK), la Police Nationale de Lettonie. Elle vise à identifier les ressources financières légales et/ou illégales dont disposent les criminels pour conduire leurs activités (contrefaçon, traite des êtres humains, fausse monnaie, fraude aux cartes de crédit, trafic de véhicules volés,…) et fait état de bonnes pratiques qui seront publiées dans un manuel destiné aux enquêteurs des 28 Etats membres de l’Union européenne.

Etude sur la formation des policiers et des gendarmes français en matière de lutte contre le racisme et l’antisémitisme -  Enjeux sémantiques et techniques pédagogiques en contexte républicain  (2014)
Ce projet a pour objet l’identification des modules de formation mis en place en école de police et de gendarmerie, en formation initiale ou continue, en matière de sensibilisation des personnels à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Il s’appuie sur des entretiens avec les directions centrales chargées de leur conception, avec les formateurs chargés de leur mise en œuvre auprès des publics d’élèves et de stagiaires et des observations en écoles de séquences pédagogiques dans le but d’approcher le ressenti des élèves et des stagiaires. Comment l’institution parvient-elle à se saisir de cette problématique considérée comme difficile ? Quels sont les défis pédagogiques qu’elle identifie ? Quelles sont en définitive les stratégies privilégiées ?
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Etude sur le trafic de stupéfiants à partir des plateformes aériennes non surveillées ou de circonstance (2013)
Cette étude confiée à l’INHESJ par la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale (DGGN), sur une ligne budgétaire MILDECA, porte sur « le trafic de stupéfiants par la voie aérienne générale » (c’est-à-dire hors aviation commerciale et hors fret). Menée entre 2011 et 2012, cette étude fait un état des lieux en France comme à l’étranger (Europe, Etats-Unis, Colombie, Venezuela, Sénégal) afin d’évaluer le phénomène et de faire émerger les bonnes pratiques identifiées à l’étranger. Un colloque international a conclu cette étude.
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Version espagnole

Etude Marché illicite du tabac  - L’observation du marché illicite de tabac en France (2012)
Conduite en partenariat avec l’OFDT, cette étude se focalise sur le marché français des cigarettes issues de la contrebande et de la contrefaçon. Elle reprend notamment les principaux enseignements d’une étude portant sur la faisabilité d’un dispositif expérimental d’observation de la consommation de tabac issu de la contrebande,  conformément à la fiche n°4-7 dédiée au tabac au sein de la rubrique « former, chercher, observer » du plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies  2008-2011.
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